Coordination nationale des universités

La coordination nationale des universités, qui se rassemble chaque semaine depuis la fin janvier, s’est forgée autour de la revendication du retrait des deux projets de décrets controversés. Les CR qui suivent font état des débats menés aux différentes AG successives auxquelles ont participé des délégués de l’Observatoire. Plus d’informations sur le site de la coordination nationale: http://www.shesp.lautre.net/

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Dixième Coordination Nationale des Universités réunie à Marne-la-Vallée le 13 mai:

La 10e CNU a produit un texte marquant fortement la non déliquescence du mouvement contrairement à ce que la communication gouvernementale laisse croire. Elle appelle à la poursuite du mouvement que rien ne pourra arrêter, ni désinformation, ni menaces, ni vacances… Elle appelle à mettre en place localement des modalités de passage d’examen permettant aux étudiants de ne pas payer les frais de la pyromanie de leurs ministres, les épreuves ne pouvant tout simplement pas se tenir normalement après un semestre profondément perturbé. Elle propose une liste d’actions et appelle à inscrire l’université dans le débat des Européennes.

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Neuvième Coordination Nationale des Universités réunie en Sorbonne le 29 avril:

Les délégués de la communauté universitaire et de la recherche représentant 64 établissements réaffirment leur solidarité et leur opposition déterminée aux projets du gouvernement.

Tout en s’appuyant sur la plateforme de revendications mise en place lors des précédentes CNU, les délégués appellent à ne pas organiser les examens d’enseignements qui n’ont pas été dispensés, ou bien qui ont été dispensés dans des conditions de grève ne permettant pas un accès équitable des étudiants à ces contenus. Par ailleurs, en ce qui concerne les intimidations, menaces, et insultes policières, la CNU condamne toute répression à l’encontre de la communauté universitaire et scientifique dans son ensemble, et appelle à soutenir tous les membres de la communauté universitaire et scientifique qui sont poursuivis dans le cadre du mouvement. Enfin, La Coordination Nationale […] s’insurge […]du décret n°2009-427 du 16 avril 2009 « portant publication de l’accord entre la République française et le Saint-Siège sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur ». Ce décret est une nouvelle attaque contre le principe de laïcité.

Un calendrier d’action a été mis en place.

Les motions votées, ainsi que le calendrier des actions et le communiqué du matin sont disponible ici.

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Huitième Coordination nationale des universités réunie à Paris III le 6 avril :

La 8e CNU a principalement proposé une série d’actions de radicalisation qui sont accessibles dans ce document.

La prochaine CNU aura lieu le lundi 27 avril, organisée conjointement par Paris I et IV.

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Coordination nationale des universités réunie à Strasbourg le 23 mars :

Pas de représentants de l’Observatoire.

La 7ème CNU a déploré l’autisme de nos ministres de tutelle V. Pécresse et X. Darcos et demandé leur départ. Elle a appelé les syndicats à ne pas négocier en parallèle du mouvement. Elle a entériné un programme d’actions détaillé visant les blocages des gares, ou l’occupation des universités. Elle a également désigné six porte-paroles. L’intégralité des communiqués et motions est disponible ici.

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Coordination nationale des universités réunie à Dijon le 16 mars :

Pas de représentants de l’Observatoire.

La 6e coordination a dressé un plan d’actions dense. Elle s’est prononcée pour la création d’un “porte-parolat” de la CNU, qui n’a pas le pouvoir de négocier mais seulement de faciliter la communication avec les autres instances (intersyndicales, autres coordinations).

Les motions votées sont accessibles ici.

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Coordination nationale des universités réunie à Créteil le 6 mars :

Représentants de l’Observatoire : Frédéric Travers, Fabrice Mottez, Frédéric Vincent.

Les motions votées par cette coordination sont denses et ce qui suit n’est qu’un rapide résumé de quelques points principaux. On trouvera le texte intégral ici.

La coordination dénonce le simulacre de négociation mené par V. Pécresse et appelle à la manifestation du 11 mars “de la maternelle à l’université” ; elle dénonce comme totalement insuffisantes les “avancées” revendiquées par la ministre ; elle se prononce une nouvelle fois contre la réforme dite de mastérisation ; elle dénonce les effets pervers de la révision générale des politiques publiques (RGPP) ; elle exige de nouveau l’abrogation de la LRU et le retrait du Pacte pour la recherche ; elle demande la dissolution de l’AERES et de l’ANR ; elle s’associe aux revendication de l’AG tenue au CNRS le 12 février (contre la casse des EPST) ; elle condamne la stratégie de Lisbonne qui, au niveau européen, conduit à la privatisation et à la marchandisation des savoirs, et appelle à suivre une voie différente ; elle demande le retrait du contrat doctoral unique.

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22/01: Point d’étape sur la mobilisation, “Note de conjoncture politique sur le mouvement des universités”

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Coordination nationale des Universités réunie à Nanterre le 20 février:

270 délégués étaient présents, représentant 65 universités, 15 autres établissements et 18 associations et syndicats.

Représentants de l’Observatoire : Sophie Masson, Frédéric Travers, Andreas Zech et Michel Moncuquet.

La coordination nationale des universités a demandé pour la première fois, vendredi 20 février, “l’abrogation de la loi LRU” de 2007 sur l’autonomie des universités. Cette coordination, qui représente 65 universités, 15 autres établissements et 18 associations et syndicats, appelle également à trois nouvelles journées de manifestations, les 26 février, 5 mars et 10 mars.

La coordination a aussi appelé à reconduire la grève “illimitée” en cours dans les universités et au “retrait” de trois réformes : celle sur le statut des enseignants-chercheurs, celle de la formation des enseignants des écoles aux lycées, et “le contrat doctoral unique”. Si cette triple demande de retrait n’a pas été entendue, la coordination appellera le 5 mars les universitaires à “la démission de l’ensemble des charges administratives non électives, à l’obstruction dans le cadre des mandats électifs et au refus de participer aux jurys (bac, BTS, Capes, agrégation, session de printemps…)”

L’énoncé des motions votées se trouve sur ce document.

On trouvera dans ce document la position exprimée devant la coordination des personnels des ministères de l’enseignement supérieur et de la recherche, et de l’éducation nationale.

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CR de la Coordination Nationale des Universités réunie en AG à St Denis (Paris VIII) le 11 février 2009:

Plus de 400 délégués présents, représentant 67 universités, 12 organisations universitaires, sociétés savantes, organismes et collectifs (SLR, SLU, Papera, etc…). En tout 79 établissements et organismes.

Représentants de l’Observatoire : Rhita-maria Ouazzani, Frédéric Travers, Christian Balanca, François Assemat, Michel Moncuquet.

Communiqué du matin

L’Université est à Saint Denis aujourdhui. Après la journée de manifestation nationale qui a rassemblé près de 100000 personnes et confirmé la force exceptionnelle de la mobilisation, la Coordination nationale des Universités, aujourd’hui réunie à Paris 8, dénonce la manoeuvre médiatique et la stratégie de diversion que Valérie Pécresse a trouvées comme seule réponse à nos demandes de retrait des réformes en cours. La coordination affirme que tous les représentants de l’Université et la Recherche se trouvent en ce jour réunis à l’université Paris 8, et non au Ministère où ne se déroule qu’une parodie de consultation.

Motion 1

Comme celles du 22 janvier et du 2 février 2009, la Coordination Nationale réunie le 11 février 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, BIATOSS et ITA, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppressions d’emplois. Cette politique menace les conditions de vie, la formation et l’avenir des étudiants. La Coordination Nationale constate que toutes ces contre-réformes résultent de la loi LRU et du pacte sur la Recherche. En conséquence, elle demande en urgence que la communauté universitaire et le monde de la recherche soient consultés sur une nouvelle loi garantissant démocratie, collégialité, indépendance, liberté et égalité entre les universités et les domaines de recherche, car l’Université n’est pas une entreprise et le Savoir n’est pas une marchandise. Elle exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, dont elle refuse le démantèlement. Elle soutient les mobilisations en cours. Elle constate que les ministères n’ont toujours pas retiré :

- la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degrés.
- le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs.

En conséquence la Coordination Nationale appelle l’ensemble des universités et des laboratoires à rejoindre le mouvement de grève totale, reconductible, illimitée, déjà engagée dans de très nombreuses universités.

Motion 2

La Coordination Nationale constate l’amplification et l’élargissement de la mobilisation à toute la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle se félicite de l’appel de la Sorbonne lancé par des présidents d’université et invite tous les présidents à se rallier à ce texte. Elle condamne le caractère systématique, idéologique et économique de toutes les réformes engagées par le gouvernement : c’est toute sa politique de la recherche et de l’enseignement supérieur qui est mise en cause. La coordination dénonce la série de « réformes » que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et le ministère de l’Education Nationale ont engagées à la hussarde sans aucune négociation :
- la loi LRU et le pacte de la Recherche
- la transformation radicale des organismes de recherche en agences de moyens
- la réforme de l’allocation des moyens aux établissements qui renforce la concurrence entre eux (modèle dit « Sympa »)
- le pilotage, par le pouvoir politique, de la Recherche et de l’Université
- la précarisation des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche et la remise en cause des statuts nationaux (EC, BIATOSS, ITA, PRAG, PRCE…)
- le démantèlement des concours nationaux de recrutement des enseignants du premier et du second degrés, et le projet de « masterisation » de la formation des enseignants
- le projet de contrat doctoral
- l’abandon de la définition nationale des DUT ainsi que du fléchage des moyens des IUT et des IUFM.
- la réforme du système de bourse sur critères sociaux

Il apparaît clair que les attaques contre l’université ne sont qu’un élément d’une politique plus générale de destruction du service public d’éducation de la maternelle au supérieur, comme en témoigne la remise en cause de la laïcité par les accords Kouchner avec le Vatican. La Coordination Nationale appelle donc à la convergence des revendications de la maternelle à l’enseignement supérieur. Elle invite les enseignants du premier et du second degrés et leurs organisations syndicales à rejoindre ce mouvement. Elle appelle à l’ouverture d’un grand débat national sur l’ensemble des dossiers contestés à l’heure actuelle et qui concernent l’ensemble de la société française.

Motion 3

Tant que ses revendications ne sont pas entendues, la Coordination Nationale maintient ses actions, à commencer par la grève. Elle appelle les confédérations syndicales à soutenir ces revendications le 18 février, lors de la rencontre avec le chef de l’Etat.

Pour renforcer le mouvement de grève initiée le 2 février, et parfois plus tôt, la Coordination Nationale appelle à des formes d’actions diversifiées qui peuvent s’inscrire dans le calendrier suivant :
- le jeudi 12 février, l’AG qui se tiendra au CNRS (siège parisien) à 10H doit rassembler le plus largement possible.
- le vendredi 13 février, à 15h, cérémonie de non remise symbolique des maquettes dans les différents rectorats et au ministère, assorties de « cœurs » comme autant de preuves d’amour pour la ministre.
- le mardi 17 février, journée massive d’information (distribution de tracts, RV communs) dans les gares.
- le jeudi 19, journée nationale de manifestations. La Coordination Nationale propose en outre l’organisation d’une manifestation nationale réunissant l’ensemble du personnel éducatif à une date proche (fin février ou début mars).

Dès maintenant, la Coordination Nationale appelle à signer le moratoire sur les expertises de l’ANR et de l’AERES (à l’appel de SLR et du C3N), à tenir et à renforcer son engagement du 2 février : « l’Université et la Recherche s’arrêtent ».

La prochaine AG de la Coordination Nationale aura lieu le vendredi 20 février à Paris Ouest Nanterre. Nous mettons à l’ordre du jour de cette AG une démission de nos fonctions administratives.

Motion 4

La Coordination Nationale condamne catégoriquement les violences policières contre la communauté universitaire, qui défend pacifiquement ses revendications légitimes. Elle dénonce la présence policière sur les campus.

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CR de la Coordination Nationale des Universités réunie en AG à la Sorbonne (Amphi Richelieu) le 2 février 2009:

196 délégués présents,  313 participants  – 54 universités – 74 établissements et organismes

L'amphi Richelieu accueille les représentants des universités françaises

L'amphi Richelieu accueille les représentants des universités françaises

Représentants de l’Observatoire : 4 délégués participant aux votes : Fabrice Mottez, Laurent Lamy, Yannick Boissel,  Françoise Roques, 3 observateurs : Raphael Galicher, François Assemat, Michel Moncuquet.

Les délégués de l'Observatoire de Paris

Les délégués de l'Observatoire de Paris

La coordination est organisée par Paris 4. M. Michand fait une allocution de bienvenue au nom de M. Molinié, président de Paris 4: “Cette crise, unique en 43 ans de carrière, est due à la remise en cause de la collégialité et de l’indépendant universitaire. Crise adroitement coordonnée et discours méprisant et condescendant. Le projet de décret doit être retiré.”

Suit le texte des motions adoptées :

Motion n°1

Comme celle du 22 janvier 2009, la Coordination Nationale réunie le 2 février 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppressions d’emplois.
Elle exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche. Elle soutient les mobilisations en cours.
Elle constate que les Ministères n’ont, à ce jour, pas retiré :
–        le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs
–        la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants des premier et second degrés.
En conséquence, la Coordination Nationale appelle l’ensemble des universités à rejoindre le mouvement de grève totale, reconductible, illimitée, déjà engagée dans certaines universités.
Le 2 février 2009, l’Université et la Recherche s’arrêtent.

Votée à l’unanimité moins 2 abstentions

Motion n°2

La Coordination Nationale du 2 février appelle toute la communauté universitaire et le monde de la recherche (enseignants, chercheurs, étudiants, ITA, personnels administratifs, techniques et de bibliothèque, ainsi que les contractuels et vacataires) à entrer dans une lutte active. Elle appelle la communauté universitaire et le monde de la recherche à :

– une journée nationale de manifestations et d’actions le jeudi 5 février ;

– une manifestation nationale qui mène au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (1 rue Descartes, Paris), le mardi 10 février ;

– une cérémonie nationale de non remise des maquettes de Masters le vendredi 13 février devant le Ministère et les rectorats ;

– boycotter les expertises pour l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) et l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES) ;

– faire cours en dehors des cadres habituels ;

– appeler les organisations syndicales et intersyndicales à faire le lien avec le primaire et le secondaire ;

– imaginer toute forme d’action et de lutte qui alerterait collègues et citoyens sur le démantèlement du service public d’éducation et de la recherche.

Elle encourage chaque université à élire, pour la Coordination, trois représentants enseignants-chercheurs/enseignants/chercheurs, un représentant BIATOSS et un représentant étudiant (5 personnes maximum).

Votée à l’unanimité moins 2 abstentions

Motion n°3

Depuis près de deux ans, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a décidé et fait voter à la hussarde une série de « réformes » sans aucune négociation :
–        la loi LRU ;
–        la transformation radicale des organismes de recherche en agences de moyens ;
–        le pilotage, par le pouvoir politique, de la Recherche et de l’Université ;
–        la remise en cause des statuts nationaux ;
–        le démantèlement des concours nationaux de recrutement des enseignants des premier et second degrés, et le projet de « mastérisation » de la formation des enseignants ;
–        le projet de contrat doctoral.

Parallèlement, le Ministère a supprimé 1090 postes et développé la précarité des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des personnels administratifs, techniques et de bibliothèque.

Pour mettre fin à cet autoritarisme, la Coordination Nationale des Universités réunie le 2 février 2009 exige :

–        le retrait du projet de décret sur les statuts des enseignants-chercheurs, et la restauration des cadres nationaux des diplômes et des statuts ;
–        le retrait de la « réforme » de la formation et du recrutement des enseignants des premier et second degrés ;
–        l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche et de la fonction publique en général ;
–        le retrait du contrat doctoral ;
–        la restitution des postes supprimés et la résorption de la précarité chez les enseignants, les chercheurs, les BIATOSS et ITA par un plan pluriannuel de création de postes ;
–        la titularisation des personnels contractuels.

La Coordination Nationale constate que toutes ces contre-réformes résultent de la loi LRU. En conséquence, elle demande en urgence que la communauté universitaire et le monde de la recherche soient consultés sur une nouvelle loi garantissant démocratie, collégialité, indépendance et liberté, car l’Université n’est pas une entreprise et le Savoir n’est pas une marchandise.

Votée à l’unanimité moins 1 contre et 4 abstentions

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