Quelques chiffres

[en cours de construction]

Cet article est entièrement issu de l’analyse de H. E. Audier “Le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche raconté à Sarkozy” que l’on trouvera à l’adresse suivante : http://www.sncs.fr/rubrique.php3?id_rubrique=1515

Source principale : OCDE, “Principaux indicateurs de la science et de la technologie”, 2007/2.

L’effort de recherche français

La figure suivante montre l’évolution de l’effort de recherche de quelques pays entre 1995 et 2005. L’indicateur utilisé, “DIRD/PIB”, représente la dépense intérieure de recherche et développement (dont on trouver ici une définition précise) rapportée au PIB du pays et exprimée en pourcentage.

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Rapport DIRD/PIB entre 1995 et 2005 pour quelques pays.

On constate que l’évolution française n’est pas très glorieuse… La figure qui suit représente la même quantité, pour la France uniquement et pour la même période. On se rappellera, en la consultant, l’étiquette politique des chefs du gouvernement de l’époque : Balladur (3/93-5/95), Juppé (5/95-6/97), Jospin (6/97-5/02), Raffarin(5/02-5/05), Villepin (5/05-5/07) et Fillon (à partir de 5/07). La corrélation entre l’étiquette et le signe de la pente est édifiant. On pourra à ce sujet consulter cet article de Sylvestre Huet(Libération).

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Rapport DIRD/PIB français entre 1993 et 2006.

On retiendra que le rapport DIRD/PIB en 2006 est de 2,12% en France, ce qui nous classe à la 14e place mondiale. Ce rapport a diminué de 7,2% depuis 1995 : seuls 4 pays parmi les 33 recensés par l’OCDE font pire (en particulier, le Royaume-Uni). En moyenne, l’effort de recherche européen reste désepérément bas : 1,74% en 2006, à comparer avec le Japon (3,33%) et les Etats-Unis (2,62%).

Un rapide coup d’oeil à la figure précédente montre la démagogie de la promesse de Sarkozy d’un retour à 3% en 2012.

Afin de mettre en lumière le financement de la recherche publique en France, il convient de nuancer les chiffres donnés plus haut. La DIRD se décompose en financement d’origine privée (à hauteur de 52,5% en 2006), étrangère (par exemple l’Europe : 7,3%), publique militaire (8,5%) et publique civile (31,6%). Seule une fraction du 2,12% évoqué plus haut est donc financé par l’état pour la recherche civile. On aboutit alors au résultat suivant : le financement public de la recherche civile en 2006 se monte à seulement 0,67% du PIB (31,6% de 2,12%…).

Enfin, si l’on s’intéresse aux dépenses de recherche à destination de l’enseignement supérieur en 2006, la France, avec 0,38% du PIB, se situe à la 18e place mondiale

L’enseignement supérieur

La dépense par an et par étudiant en France en 2007 varie considérablement suivant la filière : 13560 € pour les classes préparatoires, 13360 € pour les Sections de Techniciens Supérieurs, 10890 € pour les Instituts Universitaires de Technologie et 7210 € pour les universités… Toutes filières confondues (rappelons que le système des grandes écoles est une spécifité française accusée de pénaliser l’université, mais laissée à l’écart par la réforme actuelle), la France se positionne à la 16e place mondiale pour le financement de ses étudiants avec 10089 €/an. On peut comparer avec l’Allemagne (12255 €), le Japon (12190 €) ou les Etats-Unis (22476 €).

Quelques chiffres pour éviter de comparer l’incomparable : en 2007, Harvard est à la tête d’un capital de 35 milliards d’euros, accueille 20000 étudiants et emploie 13000 personnes ; en 2008, Paris XI (plus grande université scientifique française) n’a pas de capital, un budget de 450 millions d’euros, 27000 étudiants et emploie 6300 personnes.

Il ne faudrait pas prendre ces derniers chiffres comme un argument favorable au financement des universités par les entreprises comme préconisé par la loi LRU. Le poids financier de Harvard ne sera clairement pas rejoint de cette façon (35 milliards!) et la LRU propose un modèle qui n’a rien à voir avec celui en vogue aux Etats-Unis.

Pour en savoir plus sur ce dernier point, voir :