Prises de positions des labos / instances de l’Observatoire

Cette page contient les réactions des laboratoires et instances (conseils centraux) de l’observatoire.

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06/04: Lettre ouverte aux personnels de l’Observatoire de Paris:

[pour signer ce texte, envoyer un mail à rhita-maria.ouazzani AT obspm.fr]

Cher(e)s collègues,

Depuis 9 semaines, une grande partie de la communauté scientifique lutte contre les réformes en cours du système de recherche et d’enseignement supérieur français (tous les détails sont sur  http://obspm.flext.net).
En fait de réformes, c’est de destruction dont il s’agit, sur fond de discours gouvernemental méprisant (http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=cview&press_id=2259&cat_id=7 , http://www.sncs.fr/article.php3?id_article=1437 , http://www.shesp.lautre.net/spip.php?article43),
de violences policières (http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2696), etc.

A l’Observatoire, une petite cinquantaine d’entre nous se mobilisent pour l’organisation d’assemblées générales (AG), l’information, le site Observatoire-en-lutte (http://obspm.flext.net), la participation aux manifestations, aux coordinations des Universités, des Laboratoires, et des Doctorants, et à diverses actions de résistance. Quelques dizaines de plus viennent grossir nos rangs dans certaines manifestations (et l’AG extraordinaire du 25/3 avec tous les Directeurs d’Unités a rassemblé jusqu’à 130 personnes).

Or nous sommes plus de 700 à l’Observatoire (Paris et Meudon – Nançay est un peu excentré).
D’où la question : que font les autres ?

Il n’y a que 3 réponses possibles :
1)    Ils sont d’accord avec les réformes en cours.
2)    Ils ne se sentent pas concernés par ces réformes.
3)    Ils ne sont pas d’accord, mais sont résignés ou comptent sur d’autres pour donner leur temps et leur énergie pour lutter.

Au crédit de cette dernière interprétation, on peut citer la réaction fréquente de collègues sollicités pour telle AG ou manifestation : « j’ai beaucoup de travail en ce moment ».

D’où la nécessité de préciser quelques points :

-       tous les personnels seront concernés par ces réformes : la LRU est la porte ouverte à l’autoritarisme dans la direction de l’Observatoire (imaginez Allègre en président de l’OP dans le cadre de la LRU!), les recrutements de jeunes chercheurs et d’ITA se tariront, des unités pourront être évaluées par des comités AERES comportant à terme des représentants du patronat ou des politiques, elles pourront être dé-UMR-isées, dispersées et leurs personnels mis en danger jusqu’à la suspension de traitement dans le pire des cas (http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article336), certains enseignants chercheurs seront écrasés d’enseignement, le financement sur projets se généralisera, ainsi que la concurrence de tous contre tous, etc. (ceux qui trouvent cette analyse par trop catastrophiste sont encouragés à lire http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2512  et  http://www.cmi.univ-mrs.fr/~murolo/UF/Derives.pdf)

-       la cinquantaine d’ « actifs » a autant de travail que les autres, mais elle a conscience que les attaques en cours sont d’une gravité sans précédent, de sorte que la résistance est prioritaire. Parmi eux, des étudiants mettant leur thèse en péril, des post-docs en pleine précarité…

-       si tous les personnels qui ne sont pas dans le cas 1) voulaient bien donner un peu de leur temps aux manifestations et actions, il serait possible à chacun de participer par roulement, une fois sur deux, trois ou quatre, et maintenir un fort niveau d’implication collective sans s’épuiser au plan individuel ; si les AG étaient massivement fréquentées, l’information circulerait mieux, les plus « actifs » se sentiraient soutenus par les autres, les débats – éventuellement contradictoires – seraient plus riches et constructifs, etc.

-       dans le cas contraire, la charge pesant sur les « actifs » risque de les mener à l’épuisement, d’autant qu’ils se débrouillent pour maintenir une partie au moins de leur activité « normale », aux dépens de leur temps de sommeil, de leur vie familiale, etc.

-       si la communauté maintient et développe sa résistance, elle gagnera ; si le mouvement s’épuise, elle perdra. Si elle perd, il n’y aura pas de 2ème chance de sauver le système. Notre société dérivera un peu plus vers la crétinisation de masse, la soumission au politico-économico-médiatique, et l’autoritarisme fascisant.

C’est bien entendu à chacun de déterminer le niveau et la priorité de son investissement ou de son non-investissement dans la lutte en cours. Le but de cette lettre est simplement d’alerter tous les personnels, afin que personne ne puisse dire plus tard « je ne savais pas », ou « si j’avais su ». Allez vous faire une opinion sur http://obspm.flext.net, http://www.sauvonslarecherche.fr/, http://www.sauvonsluniversite.com/, http://www.sncs.fr/, http://sciences.blogs.liberation.fr/ …, et agissez en conséquence.

Les « actifs » sus-mentionnés ne cherchent pas à être remerciés ni à culpabiliser leurs collègues. Ils agissent en conscience, parce qu’ils estiment qu’il n’y a (presqu’)aucun travail plus urgent ou plus digne que de tenter de sauver le système de recherche et d’éducation français. Si cette cinquantaine ne devient pas plusieurs centaines, le combat sera peut-être perdu, mais au moins elle aura le sentiment d’avoir tenté ce qui devait l’être.

Bien cordialement.

Rédacteurs & Premiers signataires:

Philippe Zarka, Laurent Chemin, Raphaël Galicher, Audrey Delsanti, Jean-Michel Martin, Yannick Boissel , Frédéric Vincent, Gilles Bessou, Laurent Lamy, Michel Moncuquet, Florence Henry, Annie Gérard, Rhita-Maria Ouazzani, Marie-France Landréa, Fabrice Mottez, Eric Gourgoulhon, Christian Balança, Jean-Philippe Lenain, Christiane Adam, Jean Aboudarham, Françoise Roques, Emeric de Clercq, Frédéric Arenou, Frédéric Travers, Sophie Masson, Pascal Descamps, Nicole Letourneur

(Comité obspm-en-lutte : http://obspm.flext.net)

24/03: La première AG de Nançay s’est tenu en présence de plus de la moitié du personnel de la station a déclaré l’unité en lutte (voir partie CR d’AG).

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Mars: Après l’UFE, le Luth, le Gepi, le LESIA et l’IMCCE se sont déclarés en lutte!
Le luth lutte
Le Lesia lutte

Le Gepi lutte

l'UFE lutte

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17/02 : Les directeurs du GEPI, LERMA, LESIA, LUTH, IMCCE, ainsi que D. Egret (pour l’observatoire), T. Encrenaz (pour le CS de l’Observatoire) et C. Zeippen (UMS Observatoire) ont signé, parmi 33 directeurs de laboratoires d’astronomie & astrophysique représentant 95% du potentiel national dans la discipline ont signé une lettre en réponse au discours du 22 janvier du président de la république.

Le SYRTE, en particulier, n’a pas participé à cette initiative à l’Observatoire.

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12/02, Prise de position des trois conseils centraux de l’Observatoire:

  • Le 12/02/2009, le conseil de l’UFE a rédigé une motion de soutien au mouvement des universités et de la recherche, à lire ici. Cette motion a été votée largement par les trois conseils centraux de l’Observatoire de Paris, le Conseil d’Administration, le Conseil Scientifique, ainsi que le conseil de L’UFE (Unité de Formation et d’Enseignement) qui l’avait rédigé. Ce texte constate l’installation d’une crise majeure en france et condamne le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs tout en rappelant le très fort attachement de l’Observatoire au CNRS:

Pour toutes ces raisons, le Conseil d’Administration de l’Observatoire de Paris soutient le mouvement national de lutte qui s’installe aujourd’hui. Il demande en urgence que la communauté universitaire et le monde de la Recherche soient consultés sur une nouvelle loi d’organisation de la recherche et de l’enseignement garantissant démocratie, collégialité, indépendance et liberté.

  • L’UFE (Unité de Formation et Enseignement) de l’Observatoire a rédigé un bref argumentaire pour ses étudiants résumant les craintes vis à vis des deux projets de décret controversés sur la masterisation des enseignants du secondaire et le changement de statut des enseignants-chercheurs. Vous pouvez consulter cet argumentaire ici.

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12/02, Message adressé par les personnels de l’IMCCE (laboratoire de l’Observatoire) au comité de visite de l’AERES:

Nous tenons en premier lieu à exprimer sans ambiguïtés la nécessité de l’évaluation, garantie d’une recherche de haut niveau et sommes heureux d’accueillir le comité de visite comme il y a quatre ans. Cependant, suite au discours de Nicolas Sarkozy du 22 janvier, nous tenons à vous manifester nos inquiétudes vis-à-vis de l’ensemble des réformes en cours, des menaces qui pèsent sur l’impartialité de l’évaluation résultant de son pilotage gouvernemental, et sur les incertitudesconcernant l’usage de cette évaluation. D’autre part, nous demandons au comité de visite de ne pas utiliser les dispositifs bibliométriques mis en place par l’AERES. Ce serait à nos yeux une dérive dangereuse vers une recherche scientifique qui se transformerait en recherche de performance bibliométrique.”